Origine de Barbier
Accueil Remonter Album souvenir Sites Web favoris Site privé familial


 
  BARBIER

Nom de famille issu d'un métier

Origine du nom Barbier

 

 Comme 22% des patronymes d'aujourd'hui, ce patronyme relève d'un métier. Le surnom "le barbier" fut attribué à l'un de vos ancêtres vers le XIème, XIIème ou XIIIème siècle, à l'époque de la formation des noms héréditaires, en raison de son activité professionnelle. Issu du latin "barba", l'ancien français "barbe", attesté au XIIème siècle, signifiait, comme aujourd'hui, la "barbe", un "barbu" qualifiait un "homme fort, viril", le verbe "barboier" voulait dire "faire la barbe". Le surnom "le barbier" a désigné un individu qui pratiquait cette activité. Mais le barbier était aussi amené à soigner les "petits bobos" et à procéder à des opérations chirurgicales élémentaires, comme arracheur de dents, compte tenu du fait qu'il possédait les outils tranchants et coupants nécessaires.

C'est donc par son travail que votre ancêtre fut différencié et surnommé ainsi par ses contemporains. On peut imaginer votre aïeul être identifié dans les actes administratifs par la mention "Jehan dit le barbier". Ce métier est à l'origine des patronymes tels que Barbié, Barbereau, Barbereux, Barberel, Barberin, Barberet, Barberon, Barbery, Barbion etc. A noter qu'au Moyen-Age, les suffixes en "ier, ié ou er" indiquaient généralement un métier comme fournier, charpentier, meunier, boucher etc. quelquefois, c'est le suffixe "eron" comme dans forgeron ou "eur" comme dans faucheur qui exprimait un métier.

 Quelques mots d'histoire vous permettront de bien comprendre le contexte dans lequel le nom BARBIER a évolué. Dès le Vème siècle, après la période romaine qui avait apporté le modèle des noms multiples (César s'appelait Julius Caïus, Caesar), le christianisme triomphant, à l'instar des Francs germains, impose le système du nom unique. En attribuant un nouveau nom le jour du baptême, tels Bernard, Louis ou Victor, les chrétiens voulaient marquer une rupture avec le monde ancien et symboliser l'entrée dans un monde nouveau. Désormais, nos lointains ancêtres ne portent plus qu'un seul et unique nom, celui qu'ils ont reçu le jour de leur baptême.

 Au bout de cinq siècles de cette pratique, le nom unique va se heurter à de nombreux problèmes d'homonymie dus à un essor démographique sans précédent. En effet, pendant cette période des XIème, XIIème et XIIIème siècles où se sont formés les noms de famille, la population française aurait triplé, passant de 5 à 15 millions d'habitants. Lorsqu'une majorité d'individus portait les mêmes noms, le choix se limitait aux noms les plus illustres, notamment ceux des saints, il est alors facile d'imaginer pourquoi le système du nom unique a volé en éclats.

 Pour contrecarrer ces homonymies, nos ancêtres ont naturellement fait appel aux surnoms, c'est-à-dire qu'un qualifiant complémentaire au nom de baptême vient préciser l'identité. C'est ainsi que Bernard devint Bernard le grand, Louis le pieux, Victor du mont ou Bertrand le barbu. Ces surnoms étaient tirés soit de l'aspect physique de la personne, tel "le chauve", soit de son lieu d'origine, "du chemin", soit de son métier "le boulanger", soit de ses moeurs "cornevin" (qui corne, qui réclame du vin) ou tout simplement ils exprimaient une continuité du nom de baptême comme Michelin pour Michel. Il faut rappeler que les surnoms étaient toujours attribués par l'entourage, jamais choisis par les intéressés.

Pourquoi le surnom BARBIER s'est-il fixé en nom de famille ? Les métiers se transmettaient généralement de père en fils, ce qui permettait de prolonger l'identification sur plusieurs générations. Ce surnom a d'abord affecté un homme, puis toute la "maisonnée", puis la descendance, sachant qu'à cette époque les gens habitaient le même endroit de père en fils, ce qui facilitait la fixation du surnom. Ce nom "collait à la peau" de vos aïeux, c'était la maison "des BARBIER". A force de répéter sans cesse ce nom, il fallait bien s'attendre à ce qu'il se fixât pour toujours. Voilà pourquoi, quelque trente générations plus tard, vous vous appelez BARBIER et que vous êtes, en France, environ 32 000 personnes à porter ce patronyme. On le rencontre surtout en Ile-de-France, en Provence et en Rhône-Alpes.

Synthèse réalisée par Jacques BODRAIS d'après les auteurs A.Dauzat, M.Th Morlet.